Frida Kahlo | 15 oeuvres les plus connues

21 mars 2021 0
Frida Kahlo | 15 oeuvres les plus connues

Frida Kahlo est une peintre mexicaine de la première moitié du XXe siècle, qui est devenue un symbole culturel. En effet, Hilda Trujillo, dans une biographie consacrée à l’artiste, commente : “Sa personnalité a été adoptée comme l’un des drapeaux du féminisme, du handicap, de la liberté sexuelle et de la culture mexicaine”.

Classée parmi les surréalistes, Kahlo préférait se considérer comme une personne représentant sa réalité ultime, ce qui la rendait très éloignée des préoccupations liées à l’inconscient, caractéristiques du surréalisme.

Plusieurs éléments marqueront son œuvre : d’une part, l’investigation de l’art populaire et indigène mexicain ; d’autre part, l’exploration de sa propre douleur, tant physique qu’émotionnelle, découlant de ses graves problèmes de santé et de sa vie orageuse aux côtés de Diego Rivera, le muraliste mexicain. Pour mieux comprendre sa vision, jetons un coup d’œil à certaines de ses œuvres les plus emblématiques.

Autoportrait, 1926

En 1926, Frida Kahlo a peint son premier autoportrait. Elle avait alors 19 ans et souffrait des conséquences d’un grave accident qui l’a laissée alitée pendant longtemps. Pendant ce temps, Frida ne pouvait voir que le plafond de sa chambre. Sa mère, émue, a conçu un chevalet spécial pour elle, qui lui permettait de peindre en position allongée. D’un côté du chevalet, elle a fixé un miroir, afin que Frida puisse au moins se voir. C’est ainsi que Frida Kahlo a commencé ses autoportraits. Ce sera le tableau qui marquera le début de son enquête personnelle.

Contrairement à une opinion mal informée, Frida ne s’est pas rendu hommage à elle-même. Elle était plutôt perçue comme laide et trop mince, et elle n’embellissait aucun de ses traits, mais mettait plutôt en valeur les éléments considérés comme “disgracieux”, comme ses sourcils froncés et arqués en forme de cœur. Elle n’avait pas prévu qu’elle trouverait dans cette “sincérité” son signe distinctif et susciterait l’intérêt de la communauté internationale.

Frida et Diego Rivera, 1931

Plus que l’amour, Frida était une véritable dévote de son mari, Diego Rivera. Elle a toujours perçu Diego comme un talent supérieur, tout en percevant son propre travail comme “absolument épouvantable”.

Avec cette mentalité, elle n’avait aucun problème à assumer le rôle de l’épouse qui soutient et sert son mari. Servando Ortoll et Annette B. Ramirez de Arellano, dans un essai intitulé Frida Kahlo : portrait de l’artiste en tant qu’épouse entreprenante, affirme que cette femme n’a pas seulement pris soin de son mari, mais a également pris en charge sa carrière internationale en tant que véritable entrepreneuse artistique.

L’idolâtrie que Rivera éveille en Frida s’exprime dans ce portrait de 1931 intitulé Frida et Diego Rivera. Diego tient dans sa main droite les attributs du peintre : la palette et ses pinceaux. Petite et peu vêtue de la robe traditionnelle mexicaine, Frida pose sa main sur celle de Diego, comme s’il la soutenait. Son visage se penche gracieusement vers son mari.

Au-dessus d’eux, un ruban portant une inscription, ou phylactère, est tenu par un oiseau. Le phylactère se lit comme suit : “Vous nous voyez ici, moi, Frida Kahlo, avec mon mari bien-aimé Diego Rivera, j’ai peint ces portraits dans la belle ville de San Francisco, en Californie, pour notre ami M. Albert Bender, et c’était au mois d’avril de l’année 1931”.
Frida et la césarienne, 1931

En 1930, un an après son mariage, Frida a dû faire face à la première de ses trois fausses couches. Celui de 1930 a nécessité une intervention chirurgicale, car il était absolument impossible que le bébé se développe dans l’utérus, en raison des complications de santé de la mère.

Profondément peinée, car Frida désirait intensément être mère, elle a peint cette tragédie l’année suivante dans le tableau intitulé Frida et la césarienne. Le sujet a dû lui poser de grandes difficultés, car le tableau est resté inachevé.

Les deux Fridas, 1931

Dans ce tableau, Frida semble avoir été inspirée par le souvenir d’un ami imaginaire qu’elle avait à l’âge de 6 ans, une sorte d’alter ego. Dans le tableau, elle représente ses deux héritages culturels : à gauche, l’européen ; à droite, l’indigène.

Les deux Fridas sont reliés par le sang, par les artères du cœur exposé. Dans le portrait de gauche, le cœur apparaît ouvert comme dans une coupe transversale, tandis que dans l’autre, nous voyons la surface extérieure du cœur. D’un côté, une image du cœur du Christ, de l’autre, un rappel des sacrifices religieux du passé précolombien.

Chacune des “Fridas” porte des attributs différents : la Frida européenne porte dans sa main droite des ciseaux qui ont coupé une artère qui coule sur ses genoux, habillée d’un costume blanc. L’indigène Frida tient dans sa main gauche un petit portrait de son bien-aimé Diego Rivera, relié à l’une des artères de son cœur.

Ma naissance, 1932

Encouragée par Diego Rivera à représenter les moments les plus singuliers de sa vie, Frida a voulu représenter sa naissance comme si elle s’était enfantée elle-même. Dans la scène, la mère apparaît avec le visage recouvert par les draps, faisant allusion à sa mort.

La tête de Frida dépasse d’entre les jambes de sa mère et une mare de sang apparaît sous elle, rappelant également sa dernière fausse couche. Au-dessus du lit, accroché au mur, un tableau dans le tableau représente la Vierge des Douleurs observant la situation.

Au bas du tableau, Frida a représenté un parchemin ouvert sur lequel devaient être écrits certains mots, qu’elle n’a jamais écrits. Le tableau est donc un ex-voto resté inachevé. Une partie de son style est, en fait, une révision de l’art des offrandes votives populaires, qui reposaient sur une offrande à Dieu qui racontait, par l’image et un texte allusif, le miracle pour lequel on rendait grâce.

Quelques petites piqûres, 1935

Les infidélités de Diego Rivera ont atteint leur paroxysme lorsqu’il a décidé de prendre la sœur de Frida pour maîtresse. À l’époque, un reportage sur un féminicide a choqué Frida : un homme avait poignardé sa femme à mort. Lorsqu’il a été arrêté par les autorités, il a déclaré : “Je ne lui ai donné que quelques piqueticos”.

Frida a représenté ce crime comme une allégorie de sa souffrance émotionnelle face à la double trahison, comme une mort spirituelle. Au-dessus des personnages, un phylactère immortalise la phrase du criminel. Une caractéristique importante du tableau est que le sang quitte le contexte pictural et se disperse dans le cadre, comme s’il essayait d’atteindre la réalité dans laquelle se trouve le spectateur. De cette manière, Frida tente de briser la séparation entre fiction et réalité.

Autoportrait au collier d’épines et colibri, 1940

En 1939, Frida avait divorcé de Diego Rivera. C’est l’échec de son expérience amoureuse qu’elle dépeint dans l’œuvre Autoportrait au collier d’épines et colibri. Elle y utilisera des symboles naturels et combinera les valeurs chrétiennes et indigènes.

Le collier d’épines, comme la couronne du Christ, représente la strangulation et les blessures produites par la trahison de Rivera. De ces branches pend le corps mort d’un colibri, symbole de la “chance en amour” selon la tradition mexicaine ou symbole de Huitzilopochtli, dieu de la guerre. Le colibri est poursuivi au même moment par un chat noir, de mauvais augure, qui se perche sur l’épaule gauche de Frida.

Sur l’épaule droite, le singe domestique que Diego Rivera lui aurait offert. Le singe s’amuse à tirer sur le collier, ce qui fait que les épines s’enfoncent dans sa poitrine. Autour des personnages principaux, un univers de papillons et de libellules représente la résurrection.

Nature morte, 1942

Cette nature morte a été commandée par la première dame du Mexique de l’époque, Soledad Orozco, épouse du président Manuel Avila Camacho. Le tableau est encadré dans une circonférence qui fait allusion au ventre d’une mère. Il contient des plantes et des fruits à connotation érotique, ce qui explique le rejet de la pièce.

Diego dans mes pensées, 1943

Également appelé Autoportrait en tehuana, ce tableau de Frida Kahlo évoque une fois de plus son amour et son adoration pour Diego Rivera. Consciente de la fascination du peintre pour les tenues traditionnelles mexicaines, Frida a revêtu le costume tehuana, typique de la culture zapotèque. Sur son front, juste au-dessus des yeux, elle tamponne un portrait de Diego Rivera, donnant une certaine littéralité à l’image.

La colonne brisée, 1944

Dans ce tableau, La colonne brisée, Frida Kahlo représente la souffrance dérivée de son accident, qui, malgré le passage des années, continue à se faire sentir. Avec un paysage désertique et désolé en arrière-plan, image vivante de sa solitude, Frida est représentée ouverte au niveau du torse, révélant une colonne ionique, associée au féminin, mais brisée. Un système de liens l’attache à la colonne, tel un martyr chrétien (Saint Sébastien), tandis qu’elle endure la perforation exercée sur elle par les clous qui attaquent tout son corps et son visage. Bien qu’elle pleure, son expression reste imperturbable.

Sans espoir, 1945

Pendant une période de sa vie, Frida Kahlo a souffert d’un manque d’appétit jusqu’à devenir extrêmement maigre. Pour cette raison, elle devait être alimentée par un entonnoir. Sur un paysage aride contenant le soleil et la lune, le jour et la nuit comme un cycle éternel et indifférencié pour ceux qui souffrent, Frida représente cette période.

L’entonnoir prend des dimensions fantastiques et, au lieu de transporter des aliments transformés, il recueille toutes sortes de viande rouge, de volaille et de poisson. Au-dessus d’eux, un crâne en sucre décoré de motifs du Jour des Morts. La mort lui semble-t-elle douce face à cette torture alimentaire ? Son nom est écrit sur le crâne.

Derrière le tableau, Frida a écrit : “Il ne reste pas le moindre espoir en moi ? Tout bouge au rythme de ce que l’estomac contient”.

Le cerf blessé, 1946

Vers 1949, Frida Kahlo subit l’une de ses interventions chirurgicales pour améliorer son problème de colonne vertébrale. Rien n’a été réalisé. Déçue par les résultats, elle s’est dépeinte comme un cerf blessé à la chasse. Sa propre tête, en forme de cerf, porte un bois de cerf. Le corps est transpercé par des dates tranchantes. Le cerf, au milieu de la forêt aride, à l’arrière-plan de laquelle on distingue la lumière de l’horizon, est incapable de se sauver.

L’Étreinte de l’univers, de la terre, du Mexique, de Diego, de moi et de Señor Xolotl, 1949

La Terre Mère accueille Frida en son sein, qui à son tour berce Diego Rivera comme si elle était un enfant. Rivera a un troisième œil sur le front qui observe toute la scène. L’univers qui les entoure exprime la dualité du jour et de la nuit. Le ciel et la terre ont des visages, et des seins de la terre maternelle coule le lait qui nourrit.

Les racines s’étendent à la recherche du sol. Des symboles mexicains participent à la scène, comme la robe traditionnelle de Frida. La végétation typique de ces paysages mexicains intenses fait son apparition : nopales, cactus et magueys. Aux pieds de cet univers aimant et enveloppant, se trouve un chien de la race xoloitzcuintle, qui selon la mentalité mexicaine, est un symbole de la mort, dans ce cas, c’est la mort endormie.

Ma famille, 1949

Dans un effort pour construire son identité, Frida peint sa famille comme une sorte d’arbre généalogique. Celui de 1949 ne sera pas le seul, mais il sera celui qui comprendra le plus de personnages de son groupe familial.

Au centre, son père et sa mère, Guillermo Kahlo et Matilde Calderón. Dans la bande supérieure, ses grands-parents paternels, Jacob Heinrich Kahlo et Henriette Kaufmann Kahlo, et ses grands-parents maternels, Antonio Calderón et Isabel González y González. Dans la bande inférieure, ses sœurs Matilde, Adriana, Frida elle-même, Cristina.

Quelques enfants apparaissent également, mais on ne sait pas exactement qui ils sont, car ils ont été laissés incomplets. Certains pensent qu’ils sont les enfants de Cristina, d’autres pensent qu’ils sont les enfants du précédent mariage de son père et d’un frère qui est décédé peu après leur naissance. Au centre de cette bande, un bébé. Il s’agit probablement d’une allusion aux enfants qu’elle a perdus lors de ses avortements.

Viva la vida, 1954

Il s’agit du dernier tableau signé par Frida avant sa mort, bien que l’on ne sache pas avec certitude si c’est le dernier qu’elle a peint, car d’autres tableaux de cette période, après l’amputation de sa jambe, ont l’air grossiers et grossiers comparés à celui-ci.

Le tableau est une célébration de la vie. La pastèque, connue dans certains pays sous le nom de patilla, est un fruit associé aux squelettes des jours des morts. Donc, une fois de plus, la vie et la mort dansent dans un tableau de Frida Khalo. Le ton, cependant, sera optimiste, vibrant, malgré toutes les attaques qu’elle a subies dans la vie. Frida dit au revoir en disant “Viva la vida“.