Les 5 meilleurs trails du Mexique

Le Mexique est l’un des terrains de jeu les plus exigeants et les plus fascinants pour les coureurs de trail. Des versants gelés de ses volcans aux profondeurs vertigineuses de la Sierra Tarahumara, le territoire offre des conditions que peu de pays peuvent rivaliser : altitude, chaleur tropicale, forêts de pins, canyons millénaires, cultures vivantes. Et dans cet espace immense, une scène trail s’est structurée au fil des années — avec des épreuves qui valent bien plus que leur distance en kilomètres.

Voici cinq courses qui méritent une place dans le calendrier de tout coureur sérieux, pas pour leur prestige, mais pour ce qu’elles racontent du Mexique et de ceux qui le traversent à pied.

UTMX — L’ultra-trail qui court au cœur de l’Hidalgo

Huasca de Ocampo. Le nom vient du náhuatl Huascazaloyam — « lieu des oiseaux, de l’eau, de la végétation et de la joie ». Cette Pueblo Mágico de l’État d’Hidalgo est le point de départ de l’Ultra Trail de Mexico, organisé depuis 2011 et considéré comme l’un des classiques incontournables du trail mexicain.

Le parcours traverse un couloir montagneux entre forêts de pins et de chênes, rivières, ravins et zones plus arides. Selon la distance choisie — 37 km, 50 km ou 100 km — l’altitude peut dépasser les 3 000 mètres, avec des amplitudes thermiques brutales : 10 °C au lever du soleil, près de 30 °C en milieu de journée.

L’UTMX attire chaque année des coureurs de plusieurs nationalités. Ce n’est pas uniquement une compétition — c’est une immersion dans un paysage qui alterne le sauvage et le cultivé, le froid des hauteurs et la chaleur des vallées.

Ultramarathon des Canyons du Guachochi — Courir aux côtés des Rarámuris

Dans la Sierra Tarahumara, au fond des canyons que le Rio Verde trace depuis des millénaires, se tient l’une des courses les plus singulières du pays. L’Ultramarathon des Canyons du Guachochi se déroule dans la municipalité de Guachochi, en Chihuahua, autour du canyon Sinforosa — l’un des sept grands canyons de la Sierra, avec plus de 1 800 mètres de profondeur.

Ce qui distingue cette épreuve des autres, c’est la présence des Rarámuris. Aussi appelés « pieds légers » dans leur propre langue, ces coureurs indigènes participent aux côtés des athlètes venus d’ailleurs. Les voir courir en sandales traditionnelles sur des sentiers qui dominent le vide est une expérience qui remet beaucoup de choses en perspective.

La course est organisée chaque année dans le cadre du Festival International du Tourisme d’Aventure (FITA), avec le soutien de la municipalité et de près de 400 bénévoles. Les distances disponibles vont de 10 km (accessible) à 100 km (exigeant dans les deux sens du terme).

Ultra Marathon Caballo Blanco — Une course, une histoire, un hommage

Il y a des courses qui existent pour une médaille. Celle-là existe pour une idée.

L’Ultra Marathon Caballo Blanco se déroule à Urique, dans les profondeurs du Copper Canyon, l’un des systèmes de canyons les plus imposants de la planète. Elle porte le nom de Micah True — « Caballo Blanco » — coureur américain de Boulder (Colorado) qui, à partir de 2003 et jusqu’à sa mort en 2012, organisa cet ultra pour les communautés tarahumaras, afin d’aider à préserver leur culture et leur tradition de course.

C’est ce même territoire qui a inspiré Christopher McDougall pour son livre Born to Run, qui a introduit le monde entier à la culture Rarámuri et à la philosophie du mouvement naturel. Courir ici, c’est traverser les mêmes sentiers que ceux décrits dans ce livre — mais surtout, c’est participer à quelque chose qui dépasse le sport.

Le parcours ne dépasse pas des altitudes extrêmes, mais le climat tropical du fond du canyon, combiné à un relief chaotique, en fait une épreuve physiquement redoutable. Et le contexte social du territoire — longtemps fragilisé par des tensions liées au trafic de drogue, avant que les Rarámuris ne réussissent à y restaurer une forme de paix — donne à cette course une dimension humaine que peu d’épreuves dans le monde peuvent revendiquer.

Ultra Trail Oso Negro — La Sierra de Santiago et ses 3 888 mètres de défi

À 35 kilomètres du centre de Monterrey, la Sierra de Santiago est une zone naturelle protégée à 85 %, marquée par des forêts denses, des cascades, des rivières et des pics qui dépassent les 3 800 mètres. C’est là que se tient l’Ultra Trail Oso Negro, l’une des montées en puissance les plus remarquables du trail mexicain.

Les conditions météorologiques y sont imprévisibles. Chutes de neige, brouillard épais, vent du nord : la Sierra Madre Oriental joue avec les coureurs comme elle l’entend. La température annuelle moyenne tourne autour de 14 °C, mais les amplitudes peuvent être violentes.

Trois distances sont proposées :

  • 50 km — avec un passage au-dessus de 2 700 mètres
  • 80 km — jusqu’à 3 548 mètres d’altitude
  • 100 km — culminant à 3 888 mètres, le point le plus haut de l’épreuve

Le parcours traverse des sites remarquables : la Laguna de Sánchez, le belvédère de La Piedra Parada, la cascade de Chipitin. Des points qui ne figurent pas dans les brochures touristiques standard, mais que les coureurs locaux connaissent par cœur.

La Triple Corona — Courir sur les volcans

Deux volcans. Trois courses. Un seul état d’esprit.

La Triple Corona est une série d’ultra-trails disputée sur les flancs de l’Iztaccihuatl et de la Malinche, deux des volcans les plus emblématiques du centre du Mexique. Elle se compose de trois épreuves distinctes, dont la difficulté réside moins dans la distance que dans l’altitude et l’engagement que le terrain impose.

Izta 4 000 — 25 km, 4 000 mètres de dénivelé positif

La première course de la série se déroule sur le flanc de San Rafael de l’Iztaccihuatl. Sur seulement 25 km, elle cumule 4 000 mètres de dénivelé positif — un ratio qui en dit long sur la nature du terrain. Une expérience préalable en altitude est fortement recommandée.

Skyrace Malinche — 13 km, 1 368 mètres de dénivelé

La deuxième épreuve est courte sur le papier — 13 km — mais traverse les zones les plus abruptes du cinquième plus haut volcan du Mexique. La demande physique et mentale est disproportionnée par rapport à la distance : chaque mètre compté.

Sky Iztaccihuatl — La course d’altitude la plus élevée du Mexique

La troisième et dernière épreuve ferme la série. Elle débute au Paso de Cortés, à 3 680 mètres d’altitude, monte jusqu’au refuge Esperanza López Mateos à 4 680 mètres, puis redescend au point de départ. C’est la course d’altitude la plus haute organisée au Mexique — un défi où la gestion de l’hypoxie compte autant que l’entraînement physique.

À savoir avant de s’inscrire

L’altitude, c’est sérieux. Plusieurs de ces épreuves dépassent 3 500 mètres. Si vous n’y avez pas acclimaté votre corps au préalable, la course peut virer au calvaire — ou pire. Prévoyez a minima 48 à 72 heures sur place avant le départ, et renseignez-vous sur les signes du mal des montagnes (mal de tête persistant, nausées, confusion).

Les inscriptions partent vite. L’UTMX, la Triple Corona et l’Oso Negro affichent souvent complet plusieurs mois avant la date. Ne comptez pas sur une inscription de dernière minute.

L’équipement compte double. Les conditions météorologiques en haute montagne mexicaine sont changeantes et parfois brutales. Coupe-vent imperméable, couverture de survie, lumière frontale et réserve d’eau sont des éléments non négociables — souvent vérifiés aux contrôles de départ.

Courir chez les Rarámuris n’est pas anodin. Si vous participez à Guachochi ou à Caballo Blanco, vous entrez dans un territoire culturel vivant. Le respect des pratiques locales, l’attention portée aux communautés présentes, le refus de transformer une tradition en spectacle — tout cela fait partie de l’engagement implicite que l’on prend en s’inscrivant.

Budget indicatif : Les frais d’inscription varient entre 500 et 1 500 pesos mexicains selon la distance et l’épreuve (environ 25 à 75 €). Ajoutez le transport, l’hébergement (souvent limité dans les zones reculées comme Urique ou Guachochi) et le matériel. Pour une course dans la Sierra Tarahumara, anticipez au moins deux nuits sur place.

Le trail au Mexique ne ressemble à aucun autre. Ce n’est pas juste une question de dénivelé ou de paysage — c’est la sensation de traverser un pays à la hauteur de ce qu’il est vraiment : complexe, vivant, exigeant, profondément humain. Chaque course raconte quelque chose que les routes goudronnées ne montrent jamais.

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