La baie de Banderas s’étire sur plus de 40 kilomètres, encadrée par la Sierra Madre au fond et l’Océan Pacifique devant. Puerto Vallarta vit au rythme de cette géographie : une saison sèche lumineuse, une saison des pluies tropicale, et entre les deux, des fenêtres parfaites que la plupart des voyageurs ignorent ou ratent.
La meilleure période pour aller à Puerto Vallarta dépend de ce que vous venez y chercher. Pour le beau temps et les baleines, cap sur décembre à mars — mais préparez votre budget. Pour la tranquillité et les bons tarifs, mai-juin ou octobre sont les périodes idéales. Pour la plongée et l’eau la plus chaude, l’été fonctionne parfaitement malgré la pluie. Ce guide vous donne les clés pour choisir selon vos priorités.
Les saisons à Puerto Vallarta : ce qu’il faut vraiment savoir
Puerto Vallarta connaît deux saisons bien distinctes : une saison sèche de novembre à mai, et une saison des pluies de juin à octobre. Mais cette simplification cache des nuances importantes. Les pluies tropicales estivales tombent souvent le soir, laissant les matinées dégagées. Et la haute saison touristique — décembre à avril — attire des foules et des tarifs qui méritent d’être anticipés.
Haute saison : décembre à mi-avril
C’est la période dorée, celle où Vallarta rayonne sous un ciel presque constamment dégagé. Les températures oscillent entre 16°C la nuit et 28-29°C l’après-midi — confortables, jamais oppressantes. Les baleines à bosse envahissent la baie de Banderas de décembre à mars, les houles du nord créent les meilleures vagues de l’année à Sayulita, et la vie nocturne sur le Malecon bat son plein.
En contrepartie : les hôtels affichent leurs prix maximaux, les vols depuis l’Europe se font rares et chers, et certaines plages deviennent bondées. En mars, des hordes d’étudiants nord-américains débarquent pour le Spring Break — une ambiance festive concentrée dans la zone hôtelière nord, comparable à ce qu’on observe à Cancún pendant la même période. La Semana Santa, semaine précédant Pâques, attire massivement les familles mexicaines : les hôtels se remplissent des mois à l’avance.
La période idéale oubliée : mai, juin et octobre
Ces trois mois constituent la vraie bonne affaire de Puerto Vallarta. Le ciel reste largement dégagé, les températures montent à 31-32°C, la mer atteint 27-28°C — parfaite pour nager, plonger, faire du snorkeling. Les hôtels proposent leurs tarifs les plus bas de l’année, et les rues retrouvent un rythme humain.
En juin, la visibilité sous-marine est excellente, les vagues commencent à gonfler pour les surfeurs qui connaissent les bons spots au sud de la ville, et les familles profitent de plages accessibles sans la pression de la haute saison. Octobre marque le retour progressif du beau temps après la saison des pluies : dès la mi-octobre, le ciel se dégage, l’eau reste chaude (autour de 30°C) et la visibilité sous-marine est remarquable.
Basse saison : juillet à septembre
La saison des pluies mérite mieux que sa réputation. Certes, il pleut — souvent plus d’un jour sur deux, parfois des averses tropicales intenses en fin d’après-midi. L’humidité peut être écrasante, les maxima dépassent régulièrement 33°C, et le ciel garde une teinte grise persistante. Mais les températures de l’océan atteignent leur pic (29-30°C), la visibilité sous-marine est maximale près des îles Marietas et de Los Arcos, et les tarifs chutent sérieusement.
Les amateurs de plongée qui acceptent quelques averses y trouvent un vrai terrain de jeu. Ceux qui fuient la foule aussi. Une précision utile : de nombreux hôtels ferment partiellement en juillet-août pour des travaux, ce qui peut paradoxalement maintenir les prix à un niveau correct malgré la faible affluence.
Choisir sa période selon ses activités
Observer les baleines à bosse
Les baleines à bosse arrivent dans la baie de Banderas à partir de novembre et repartent début avril. La fenêtre optimale se situe de mi-décembre à mi-mars. En décembre, les mâles se disputent les femelles dans des parades spectaculaires. En janvier, les premiers baleineaux naissent. En février-mars, ils deviennent plus actifs et visibles depuis les bateaux d’observation. Le matin, la mer est plus calme — un avantage concret si vous êtes sensible au mal de mer.
Surf
Sayulita, San Pancho et Lo de Marcos fonctionnent toute l’année, mais les meilleures houles arrivent de décembre à avril, portées par les vents du nord. Les vagues sont généreuses sans être intimidantes pour les débutants, plus techniques à l’extrémité nord de Sayulita. De juin à septembre, le surf se déplace vers le sud : Quimixto offre des vagues constantes tout l’été. Quimixto reste méconnu des touristes, ce qui constitue un avantage en soi.
Plongée et snorkeling
La mer est praticable toute l’année, mais deux périodes se distinguent. De juin à octobre, l’eau atteint 28-30°C et la visibilité est maximale. De décembre à février, l’eau refroidit à 24-25°C, mais le plancton attire les raies manta en surface — et parfois des requins-baleines en migration, surtout en décembre et janvier. Les deux saisons méritent le détour, pour des expériences radicalement différentes.
Pêche sportive
La pêche fonctionne toute l’année dans la baie de Banderas, mais les espèces varient selon les mois. De septembre à décembre, la diversité est maximale : marlins bleus, noirs et rayés, mahi-mahi, voiliers et wahoo se concentrent dans les eaux du large. En été, de juin à septembre, les thons et mérous dominent les captures.
Explorer la jungle de Mismaloya
La jungle qui entoure Puerto Vallarta — Mismaloya, les jardins botaniques, les canopées — se visite de préférence de décembre à mars. Les températures restent sous les 28°C, les moustiques sont moins présents, et les sentiers ne sont pas détrempés. Même en hiver, pensez au répulsif et aux pantalons longs si vous allez dans les zones boisées. De juillet à septembre, la jungle devient humide et les moustiques prolifèrent — la promenade devient moins agréable.
La météo mois par mois à Puerto Vallarta
Janvier et février
Les mois les plus frais de l’année, mais frais reste relatif : 28°C l’après-midi, 16°C la nuit. Le ciel est généralement dégagé, les précipitations quasi nulles (2 jours en janvier, 1 jour en février). La mer tourne autour de 24-25°C — confortable pour nager. Les baleines à bosse sont très actives, le surf est excellent. Une veste légère pour les soirées en terrasse ou les croisières au coucher du soleil suffit.
Mars et avril
Les températures montent progressivement (29-31°C l’après-midi), mais l’humidité reste basse et le ciel est au plus clair de l’année. Avril est souvent le mois le plus sec, parfois sans un seul jour de pluie. Les baleines commencent à quitter la baie fin mars. L’eau se réchauffe à 25°C en avril. C’est une période idéale pour les randonnées et les excursions en montagne.
Mai et juin
Les températures atteignent 32°C, l’humidité commence à grimper. En mai, la pluie reste rare (1 jour dans le mois environ). Juin marque le début officiel des pluies avec une dizaine de jours humides, mais surtout en fin de journée. La mer monte à 27-28°C, la visibilité sous-marine est excellente. Les tarifs hôteliers sont au plus bas depuis la fin de la haute saison.
Juillet et août
Le cœur de la saison des pluies. Températures maximales autour de 33°C, pluie environ un jour sur deux, humidité omniprésente. La mer atteint 29-30°C et la plongée est optimale près des récifs. Le ciel reste couvert l’essentiel du temps. Pour ceux qui acceptent ces conditions, les économies sur les hôtels et les vols sont substantielles.
Septembre
Le mois le plus arrosé de l’année (près de 290 mm), avec des journées presque toujours grises. Les températures baissent légèrement (32°C max), la mer reste à 30°C. C’est le creux absolu de la fréquentation touristique — et des tarifs. Pour les plongeurs, les conditions restent excellentes.
Octobre et novembre
Octobre démarre pluvieux, mais la deuxième quinzaine offre un retournement notable : le ciel se dégage, les pluies s’espacent (5 jours dans le mois), la mer reste à 30°C. Novembre consolide ce retour du beau temps. L’humidité diminue semaine après semaine, les prix des hôtels commencent à remonter fin novembre. Les premières baleines à bosse adultes font leur apparition fin novembre.
Décembre
Vallarta retrouve son visage de haute saison. Les journées sont chaudes (29°C), les nuits fraîches (16°C), le ciel majoritairement ensoleillé. Les célébrations des Posadas de Guadalupe animant les rues jusqu’au 12 décembre créent une atmosphère unique — processions chantantes, feux d’artifice, odeurs de ponche chaud. La mer descend à 25°C, les baleines arrivent, le surf reprend. Les prix grimpent rapidement à partir de la mi-décembre.
Les fêtes et festivals à ne pas manquer
Janvier — La Virgen de la Paz à Bucerias
Neuf jours de festivités à Bucerias pour célébrer la sainte patronne des pêcheurs. Des barques naviguent depuis La Cruz avec la torche de la paix, suivies de huit jours de processions, musique, manèges et nourriture de rue. Le festival se clôture avec l’illumination du Castillo — une structure rotative de trois étages qui explose en feux d’artifice.
Février — Festival de Sayulita et Championnat de Charros
Le Festival de Sayulita mêle musique, cinéma, dégustations de mezcal et ateliers de surf pendant cinq jours. Les hôtels du pueblo se remplissent rapidement — réservez en avance, le camping est aussi une option locale prisée. Le Championnat national de charros, lui, plonge dans le Mexique des cow-boys : monte de broncos, démonstrations de lasso, musique live. Une immersion dans une tradition souvent ignorée des visiteurs étrangers.
Mars — Banderas Bay Regatta et Vallarta Wine Fest
La regatta anime la baie pendant cinq jours avec des courses ouvertes, suivies de soirées festives au Vallarta Yacht Club. Le Wine Fest investit hôtels et restaurants pour des dégustations, conférences et dîners spéciaux. Ces deux événements se croisent parfois dans le calendrier — une combinaison agréable pour ceux qui aiment la mer et la table.
Avril — Taco Festival et Folklore Vallarta Azteca
Le Taco Festival réunit vendeurs ambulants et chefs de restaurants autour du plat emblématique, avec tequila, lutte et musique en fond sonore. Le Festival international de folklore Vallarta Azteca présente chaque soir plus de 600 danseurs représentant une quinzaine de cultures mexicaines et latino-américaines — une célébration vivante du patrimoine chorégraphique du pays.
Mai — Vallarta Pride et MayoFest
Puerto Vallarta est la première destination LGBTQ+ du Mexique, et la Zona Romántica devient l’épicentre d’une Pride de neuf jours : parade, drag derby, fêtes sur la plage, concerts. Le MayoFest, lui, célèbre l’anniversaire de la ville avec concerts, animations et un feu d’artifice final sur le Malecon. Les deux événements font de mai un mois particulièrement animé.
Septembre — Fête de l’Indépendance
Le 15 septembre au soir, la place principale se remplit pour le Grito de Independencia — le cri d’indépendance lancé par le maire depuis le balcon de la mairie, suivi de cloches et de feux d’artifice. C’est l’un des moments les plus authentiquement mexicains que l’on peut vivre à Vallarta : familles, mariachis, plats traditionnels, et cette fièvre collective qui saisit tout le pays en même temps.
Novembre — Día de los Muertos
À Puerto Vallarta comme partout au Mexique, le Jour des Morts n’est pas une célébration lugubre. Les autels (ofrendas) fleurissent sur le Malecon et dans les cimetières, chargés de fleurs de cempasúchil, de bougies, de photos et des objets préférés des défunts. Des défilés de Catrinas, des danses folkloriques et des mariachis animent les quartiers. L’ambiance oscille entre recueillement et fête populaire — une contradiction apparente qui dit beaucoup du rapport mexicain à la mort.
Décembre — Processions de la Virgen de Guadalupe
Les douze premiers jours de décembre sont rythmés par des processions quotidiennes vers l’église de Guadalupe, mêlant symbolisme aztèque et catholicisme colonial. Les rues s’emplissent de chants, de danseurs folkloriques et d’odeurs de ponche chaud. À l’approche du 12 décembre, les cortèges peuvent se succéder pendant vingt heures d’affilée. Un spectacle rare, gratuit, et profondément enraciné dans l’identité de la ville.
À savoir avant d’y aller
La Semana Santa n’est pas pour tout le monde. La semaine précédant Pâques est la période de vacances familiales par excellence au Mexique. Les plages se remplissent, les hôtels affichent complet des mois à l’avance, et les prix atteignent leur pic annuel. À éviter si vous cherchez la tranquillité, à anticiper très tôt si vous souhaitez y être.
Juillet et août : attention aux fermetures partielles. Plusieurs hôtels ferment une partie de leurs chambres en pleine basse saison pour des rénovations annuelles. Résultat : moins de touristes, mais pas nécessairement des prix plus bas. Pour les meilleures affaires, mai, juin et octobre restent les mois les plus intéressants.
Les ouragans : un risque réel mais rare. La baie de Banderas protège naturellement la ville, et les ouragans directs y sont historiquement très peu fréquents. La saison cyclonique s’étend de juin à novembre, avec un pic en août-septembre. Consulter les bulletins météo avant de partir en été est une précaution raisonnable.
Les pluies d’été tombent souvent le soir. Ne surestiez pas la contrainte. Une bonne partie des journées de juillet à septembre commencent ensoleillées. Les averses sont souvent intenses mais brèves, tombant en fin d’après-midi. Un voyage bien organisé peut pleinement profiter des matinées et des activités nautiques.
Budget orientatif : en haute saison (décembre-mars), comptez 150 à 250 €/nuit pour un hôtel de standing correct en centre-ville. En saison intermédiaire (mai-juin, octobre), les mêmes établissements tournent souvent entre 80 et 130 €. En basse saison, les vols sont moins chers mais l’offre directe depuis la France est limitée — un transit Mexico ou Houston est souvent nécessaire.
Moustiques : présents toute l’année dans les zones tropicales et boisées aux alentours, plus nombreux de juillet à septembre. Répulsif et pantalons longs pour les excursions en jungle, même en saison sèche.
Puerto Vallarta n’est pas une destination qui se consomme d’une seule façon. La ville se révèle différemment selon l’heure, la saison, le quartier où on pose ses valises. La Zona Romántica au sud, le vieux centre colonial, les plages sauvages au nord vers Punta Mita — autant de Vallarta qui coexistent et méritent chacune leur tempo. Choisir sa période, c’est aussi choisir quelle version de la ville on a envie de rencontrer.




