La baie de Banderas s’étire sur plus de 160 kilomètres, coincée entre l’océan Pacifique et la Sierra Madre Occidental. C’est dans ce cadre que Puerto Vallarta a construit sa réputation — non pas comme une simple station balnéaire, mais comme une ville à part entière, avec ses quartiers, ses contradictions, sa vie nocturne bohème et ses plages qui n’ont rien à voir les unes avec les autres.
Certaines sont urbaines, animées, bordées de restaurants et de bars ouverts jusqu’à l’aube. D’autres n’existent qu’accessibles par bateau, sans électricité, avec pour seule lumière nocturne les bougies des palapas. Entre les deux, il y a un littoral qui mérite qu’on le comprenne avant de le parcourir.
Ce guide présente les plages les plus marquantes de Puerto Vallarta et de sa région — les dix incontournables, puis quelques autres qui méritent d’être connues. Pas pour les classer, mais pour aider à choisir.
Les plages de Puerto Vallarta : ce qu’il faut comprendre d’abord
Puerto Vallarta n’est pas une plage. C’est une ville portuaire dans l’État de Jalisco, dont le littoral s’étend bien au-delà du centre urbain — vers le nord en direction de la Riviera Nayarit, vers le sud le long de la côte de Cabo Corrientes, parfois jusqu’à des villages accessibles uniquement par la mer.
Pour préparer un séjour à Puerto Vallarta, il est utile de distinguer trois types de plages : celles en ville (accessibles à pied depuis le Malecón), celles en zone hôtelière (au nord, autour du boulevard Francisco Medina Ascencio), et celles dites « de la baie sud » (Las Ánimas, Yelapa, Quimixto), qui ne s’atteignent que par bateau-taxi ou panga depuis le port.
Les 10 plages à connaître à Puerto Vallarta
1. Playa de los Muertos — la plage de la Zona Romántica
C’est la plage la plus vivante, la plus dense, la plus emblématique de Puerto Vallarta. Son nom — « plage des morts » — ne doit rien au morbide : plusieurs versions existent, dont celle d’un cimetière indigène ancien ou d’une embuscade sur un navire marchand. Les autorités ont tenté de la rebaptiser à plusieurs reprises. Elles ont toujours échoué.
Depuis les années 1980, ce secteur attire une communauté LGBT importante, qui a progressivement investi les propriétés riveraines et les commerces alentour. La Zona Romántica qui borde la plage est aujourd’hui un quartier ouvert, mélangé, avec des hôtels de charme, des bars à cocktails, des restaurants de rue et des boutiques d’artisanat. C’est l’un des espaces les plus inclusifs du littoral mexicain.
La plage elle-même s’étire sur environ deux kilomètres le long de la rivière Caule. Elle est fréquentée, parfois bondée en haute saison, avec des vendeurs ambulants et des chaises longues payantes. Ce n’est pas une plage sauvage — c’est une plage urbaine, vivante, qui dit quelque chose sur la ville.
2. Playa Mismaloya — là où Hollywood a tourné dans la jungle
À une quinzaine de kilomètres au sud du centre, la rivière Mismaloya se jette dans la mer au milieu d’une végétation tropicale dense. C’est ici que John Huston a tourné La Nuit de l’Iguane en 1963, attirant Richard Burton, Ava Gardner et une presse internationale qui a mis Puerto Vallarta sur la carte mondiale. Des décennies plus tard, Predator y a été filmé à son tour.
La plage a depuis été aménagée, avec des palapas, des restaurants et quelques hôtels. Mais la jungle reste présente — jaguars, pumas et tatous vivent dans les collines qui encadrent la baie. En face, la réserve de Los Arcos offre un site de snorkeling accessible, avec une faune sous-marine variée (poissons tropicaux, raies, tortues selon la saison).
3. Playa Colomitos — eaux émeraude, accès par la jungle
Colomitos est une crique de poche, presque confidentielle, dont les eaux d’un vert profond tranchent avec le bleu habituel du Pacifique. Deux façons d’y accéder : en bateau depuis Boca de Tomatlán (point de départ des pangas au sud), ou à pied par un sentier de jungle d’environ 40 minutes depuis Las Ánimas. Le trajet fait partie de l’expérience.
Sur place, peu d’infrastructure — et c’est précisément ce qui attire. L’Ocean Grill, restaurant de bord de plage, sert du poulpe grillé et des poissons du jour avec une vue sur la baie. Pour la plongée libre, les fonds sont riches : murènes, anges royaux, poissons-ballons et labres arc-en-ciel dans une eau transparente.
4. Playa Las Ánimas — le premier arrêt au sud de la baie
Las Ánimas est le premier village que touche le bateau-taxi en quittant Puerto Vallarta vers le sud. Sable doré, végétation luxuriante, et une abondance de fruits tropicaux — mangues, papayes, bananes — qui se retrouvent dans les jus et cocktails servis depuis les restaurants de rivage.
Les vagues y sont douces, propices à la baignade tranquille ou au snorkeling de surface. Le village fait partie d’un ejido communautaire, avec une vie locale qui subsiste en parallèle du flux touristique. On peut y manger des poissons grillés en terrasse les pieds dans le sable, en regardant les pangas faire leur va-et-vient.
5. Playa Yelapa — sans route, sans électricité, sans réseau
Yelapa est le bout du monde accessible en 1h30 de bateau depuis Puerto Vallarta. Il n’y a pas de route. Pas de réseau électrique, sauf quelques panneaux solaires privés. La nuit, le village s’éclaire aux bougies et aux torches. C’est une contrainte et une promesse en même temps.
La plage est belle — sable doré, mer bleu profond, montagnes vertes en arrière-plan avec une cascade visible depuis le rivage. Mais Yelapa, c’est surtout une expérience de déconnexion réelle, avec des fruits de mer pêchés le matin même, un rythme qui n’a rien à voir avec celui du front de mer de Puerto Vallarta. La cascade Yelapa, accessible à pied dans la jungle depuis le village, offre un bain en eau douce au milieu de la forêt.
6. Playa Mismaloya — Conchas Chinas, la plage des résidents
6. Conchas Chinas — le Beverly Hills de Puerto Vallarta
Cinq kilomètres au sud du centre, Conchas Chinas tire son nom des palourdes qui parsèment ses rives. La plage est publique, mais elle est encadrée par des résidences fermées et des complexes de luxe — ce qui lui vaut une réputation de plage calme, bien entretenue, fréquentée par les habitants aisés de la ville et les expatriés.
Les rochers qui bordent le rivage créent des criques naturelles à l’eau calme, idéales pour nager en sécurité. Le fond marin irrégulier décourage les vagues violentes tout en offrant des zones de snorkeling intéressantes. Un maître-nageur est présent en saison.
7. Playa de Oro — la plage certifiée de la zone hôtelière
À 12 kilomètres au nord de Boca de Tomatlán, à côté du terminal maritime, Playa de Oro s’inscrit dans la zone hôtelière dense de Puerto Vallarta — Hilton, Crown Paradise, Icon Vallarta. Elle détient le label « Pavillon Bleu », certification délivrée par la Fondation européenne pour l’éducation à l’environnement, qui évalue la qualité de l’eau, la gestion des déchets, la sécurité et les services.
C’est une plage propre, sécurisée, animée par des prestataires de sports nautiques — parachutisme ascensionnel, jet-ski, parapente, tours en baie. Elle conviendra aux voyageurs qui séjournent dans les hôtels alentour et cherchent un accès direct à la mer sans transport supplémentaire.
8. Playa Camarones — au cœur de la ville, loin du bruit
Camarones est l’une des plages les mieux situées de Puerto Vallarta — à distance de marche du centre, mais à l’écart de l’agitation. Elle détient également la certification Pavillon Bleu, ce qui en fait l’une des plages urbaines les mieux entretenues du Mexique.
C’est une plage fonctionnelle, sans grand spectacle, mais avec une eau propre, des installations correctes et une cuisine locale accessible. Sa fréquentation élevée (elle représente une part significative de l’activité économique balnéaire de la ville) témoigne de sa popularité auprès des Vallartenses eux-mêmes.
9. Playa Las Caletas — la plage privée de John Huston
Las Caletas était la résidence privée du réalisateur John Huston, installé à Puerto Vallarta pendant les années de tournage de La Nuit de l’Iguane. La propriété est aujourd’hui gérée par Vallarta Adventures, qui en fait une plage privée limitée à 150 visiteurs par jour — ce qui garantit une certaine tranquillité.
Accessible uniquement par la mer (catamaran depuis Puerto Vallarta, environ 45 minutes), Las Caletas propose snorkeling, paddle, randonnées en jungle et plongée sous-marine avec matériel fourni. En chemin, des observations de baleines à bosse sont possibles entre décembre et mars. C’est une excursion organisée, donc plus confortable que sauvage — à choisir selon ses attentes.
10. Playa Mayto — le camp des tortues marines du Pacifique
À 40 kilomètres de la route de Tuito, dans la municipalité de Cabo Corrientes, Playa Mayto est une plage de 11 kilomètres quasiment vierge. Ce qui la distingue : elle abrite le camp de protection des tortues marines considéré comme le meilleur du Pacifique mexicain par la Commission nationale des zones naturelles protégées.
Les tortues olivâtres, imbriquées et luths viennent y pondre leurs œufs selon les saisons. Des promenades nocturnes sur la plage permettent d’observer ce phénomène dans le respect de l’environnement. La route d’accès est en terre, ce qui rend le trajet un peu sportif. Plusieurs petits hôtels accueillent les visiteurs qui souhaitent séjourner sur place.
D’autres plages qui méritent d’être connues
Playa Quimixto — entre Las Ánimas et Majahuitas
Accessible uniquement par bateau depuis Puerto Vallarta, Quimixto se trouve entre Las Ánimas et Majahuitas dans la partie sud-ouest de la baie. Le sable est à grain moyen, les vagues douces, et des petits restaurants de bord de mer servent des fruits de mer simples. La principale attraction est une cascade à environ un kilomètre dans les terres, le long de la rivière La Puerta — accessible à pied (20 minutes) ou à cheval, avec des chevaux disponibles sur place.
Playa Olas Altas — la prolongation de la Zona Romántica
Olas Altas jouxte Playa de los Muertos et partage son ambiance de quartier. C’est un secteur de restaurants de rue, de bars à cocktails en terrasse, de boutiques et de vie nocturne. Le parc Lázaro Cárdenas, au cœur du quartier, accueille des événements tout au long de l’année. Ses « hautes vagues » (d’où son nom) en font également un spot de surf apprécié.
Boca de Tomatlán — le port de départ vers le sud
À 20 minutes en voiture au sud de Puerto Vallarta, Boca de Tomatlán est moins une plage de villégiature qu’un village de pêcheurs actif. C’est le point d’embarquement pour toutes les plages de la baie sud — Las Ánimas, Yelapa, Quimixto, Colomitos. Des restaurants de rivage servent du poisson grillé et des crevettes fraîches. Ses eaux calmes en font un bon endroit pour nager avec des enfants.
Boca de Tomates — la plage sans baignade, réputée pour son poisson
La présence de crocodiles liée à la proximité de la rivière Ameca interdit la baignade ici. Mais Boca de Tomates, juste derrière l’aéroport international, est connue pour ses « ramadas » — restaurants de bord de mer où l’on sert crevettes, poulpe, raie manta et surtout le pescado sarandeado, un poisson entier ouvert et grillé lentement sur braises, typique de cette côte. C’est une halte gastronomique, pas balnéaire.
Sayulita — le village-plage au nord
À 36 kilomètres au nord de l’aéroport, Sayulita est une bourgade bohème avec des rues pavées, des boutiques de créateurs, des surfeurs étrangers installés à l’année et une ambiance qui rappelle ce qu’était Puerto Vallarta avant son développement hôtelier massif. La plage est un spot de surf reconnu, avec des tournois réguliers. Camping possible sur place. Plusieurs restaurants servent des fruits de mer frais à des tarifs raisonnables.
Nuevo Vallarta — l’extension hôtelière dans le Nayarit
Techniquement situé dans l’État de Nayarit (et non dans le Jalisco), Nuevo Vallarta est la zone la plus récente et la plus développée du corridor touristique. Cinq kilomètres de sable doré, des hôtels all-inclusive, des terrains de golf et deux marinas importantes. C’est ici que s’arrêtent les tortues imbriquées, olivâtres et luths pour pondre, entre octobre et mars. Une réalité naturelle qui coexiste avec l’infrastructure la plus moderne de la région.
Punta de Mita — les îles Marietas au bout de la baie
À 40 kilomètres de l’aéroport, Punta de Mita est le point extrême nord de la baie de Banderas. C’est surtout le point de départ pour les îles Marietas, parc national marin accessible en 15 minutes de bateau, célèbre pour sa « playa escondida » — une plage cachée au fond d’un cratère naturel, accessible uniquement par une grotte. La pêche sportive est une activité majeure de la zone, avec une bonne présence de marlins et de daurades.
Playa Garza Blanca — sable blanc au sud
Garza Blanca est l’une des rares plages de sable clair de la région de Puerto Vallarta — la majorité des plages présentent un sable gris ou doré. Elle est rattachée au Garza Blanca Resort & Spa, ce qui la réserve en pratique aux résidents de l’hôtel. Située à proximité de l’îlot de Los Arcos, ses fonds sont propices à la plongée libre et au snorkeling.
Playa Caballo — entre jungle et mer vierge
Coincée entre Colomitos et Las Ánimas, Playa Caballo est l’une des plages les moins fréquentées du corridor sud. Elle s’atteint par bateau-taxi depuis Boca de Tomatlán, ou à pied par des sentiers forestiers depuis Colomitos ou Las Ánimas. Quelques options d’hébergement rustiques existent sur place — le Rancho El Maguey et l’Hotelito Mío notamment. Idéale pour ceux qui veulent de l’isolement sans aller jusqu’à Yelapa.
À savoir avant d’y aller
Saison : La haute saison sèche va de novembre à avril — températures agréables, mer calme, pas de pluie. De mai à octobre, la saison humide apporte des averses courtes mais intenses en fin d’après-midi, et des vagues plus fortes. Les prix baissent et les plages sont moins fréquentées.
Baleines à bosse : Elles fréquentent la baie de Banderas entre décembre et mars pour mettre bas. Des bateaux d’observation opèrent depuis Puerto Vallarta — préférer les opérateurs certifiés qui respectent les distances réglementaires.
Plages du sud accessibles uniquement par mer : Las Ánimas, Quimixto, Yelapa, Colomitos et Playa Caballo ne sont pas reliées par route. Les pangas (bateaux-taxis collectifs) partent du port de Playa de los Muertos ou de Boca de Tomatlán. Tarifs modiques, horaires variables — se renseigner tôt le matin.
Courants et sécurité : Le Pacifique mexicain n’est pas la Méditerranée. Certaines plages ouvertes (Mayto, Mismaloya selon les conditions) présentent des courants forts. Respecter les drapeaux de baignade et la présence ou l’absence de maître-nageur.
Budget indicatif : Une journée en bateau-taxi pour les plages du sud coûte entre 200 et 400 pesos par personne selon la destination. Les restaurants de palapa sur les plages isolées pratiquent des prix corrects pour les fruits de mer — compter 150 à 300 pesos pour un plat principal. Les activités nautiques (snorkeling, kayak) sont négociables directement sur place hors des forfaits d’agence.
Las Caletas : La plage privée de Vallarta Adventures est une excursion organisée avec billet d’entrée. Elle peut être intéressante pour les familles ou les voyageurs qui veulent une journée sans logistique, mais ce n’est pas la meilleure option pour qui cherche une expérience locale.
Crème solaire : Certaines plages et réserves marines de la région (dont Los Arcos et les îles Marietas) recommandent ou imposent des crèmes solaires sans filtres chimiques pour protéger les coraux. Penser à vérifier la composition avant de plonger.
Puerto Vallarta et ses plages : plus qu’une liste
Il y a quelque chose d’assez rare dans cette région du Pacifique : la coexistence de plages urbaines et animées, de criques sauvages accessibles à pied, de villages sans électricité et d’hôtels cinq étoiles — tout cela dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres autour d’une même baie.
Choisir ses plages à Puerto Vallarta, c’est d’abord décider quel rythme on cherche. Le soir animé de la Zona Romántica ou le silence de Yelapa à la lueur des bougies ? Les deux sont à portée du même séjour — à condition de savoir qu’ils existent.





