Chaque année, fin février, la Riviera Pacifique sort de sa torpeur estivale pour accueillir l’un des tournois de tennis les plus singuliers du circuit professionnel mondial. À Acapulco, entre l’Océan Pacifique et la Sierra Madre del Sur, les meilleurs joueurs du monde s’affrontent dans une atmosphère que peu d’autres tournois peuvent revendiquer : celle d’une ville de fêtes, de soleil brûlant et de public passionné.
L’Open du Mexique n’est pas simplement un tournoi de tennis. C’est une parenthèse sportive dans un décor qui rappelle à chaque instant qu’on est au Mexique — et nulle part ailleurs.
L’Open du Mexique en bref : ce qu’il faut savoir
L’Open du Mexique est un tournoi classé ATP 500 pour les hommes et WTA International pour les femmes. Il se dispute chaque année fin février, sur les courts extérieurs en dur du Fairmont Acapulco Princess, l’un des complexes hôteliers les plus imposants de la côte Pacifique mexicaine.
Depuis 2014, le tournoi se joue sur surface dure — un changement stratégique qui permet aux joueurs de se préparer dans des conditions proches du Masters 1000 d’Indian Wells, qui suit dans le calendrier. Avant cette transition, le tournoi se disputait sur terre battue rouge, ce qui lui conférait une identité plus latine, davantage en phase avec les tournois sud-américains de la saison.
Il a été créé en 1993 sur le circuit ATP, d’abord organisé à Mexico jusqu’en 2000, avant de trouver son cadre définitif à Acapulco dès 2001 — date à laquelle le circuit WTA a également rejoint l’événement.
Un tournoi aux racines profondes dans le calendrier mondial
La transition terre battue → dur : un choix de cohérence
Le passage à la surface dure en 2014 a modifié l’identité du tournoi, mais a renforcé son importance stratégique dans le calendrier ATP. L’Open du Mexique constitue aujourd’hui la dernière étape de ce qu’on appelle le Golden Swing, la série de quatre tournois ATP disputés en Amérique du Sud et au Mexique en début de saison.
Cette décision a attiré des têtes d’affiche qui boudaient parfois la terre battue en pleine préparation pour le dur américain. Résultat : le plateau s’est densifié, et le tournoi a gagné en visibilité internationale.
Le trophée : une poire d’argent en guise de couronne
Le vainqueur de l’Open du Mexique repart avec l’un des trophées les plus reconnaissables du circuit : une poire géante en argent, clin d’œil à la tradition fruitière et artisanale de la région. Loin des coupes standardisées d’autres tournois, ce trophée incarne à sa façon le caractère singulier de l’événement.
Palmarès : les noms qui ont marqué l’histoire du tournoi
Côté hommes
Thomas Muster et David Ferrer dominent les statistiques avec quatre titres chacun en simple masculin. Muster a régné sur l’édition terre battue des années 1990 (1993, 1994, 1995, 1996), enchaînant quatre victoires consécutives — un record qui illustre sa maîtrise absolue sur ocre à cette époque. Ferrer, lui, s’est imposé à plusieurs reprises entre 2010 et 2015, confirmant son statut de joueur référence sur le circuit.
En double masculin, Donald Johnson reste le joueur le plus titré avec trois succès (1996, 2000, 2001).
Côté femmes
Plusieurs joueuses se partagent le record de deux titres en simple féminin : Amanda Coetzer (2001, 2003), Flavia Pennetta (2005, 2008), Venus Williams (2009-2010), Sara Errani (2012-2013) et Lesia Tsurenko (2017-2018). Williams, Errani et Tsurenko sont les seules à avoir remporté deux éditions consécutives.
En double féminin, María José Martínez Sánchez détient le plus grand nombre de titres (trois : 2001, 2008, 2009).
Vivre l’Open du Mexique en tant que spectateur
Le cadre : entre luxe balnéaire et chaleur populaire
Le Fairmont Acapulco Princess propose un écrin atypique pour un tournoi ATP. Le complexe est immense, planté au bord du Pacifique, avec une architecture qui rappelle les grandes pyramides maya — référence visuelle assumée. Les courts se trouvent en plein air, exposés à la chaleur humide de la côte, ce qui donne aux matchs un caractère physique intense que les joueurs soulignent souvent dans leurs interviews.
Le public mexicain, lui, n’est pas là pour faire de la figuration. Les encouragements sont bruyants, festifs, parfois carnivalesques. L’ambiance tranche nettement avec la sobriété feutrée de Wimbledon ou la tension électrique de l’US Open.
Comment accéder au tournoi ?
Acapulco se rejoint depuis Mexico en avion (environ 1 heure de vol) ou en bus de nuit via les compagnies Estrella de Oro ou Costa Line (environ 4h30 à 5h de trajet). Les billets pour le tournoi sont disponibles sur le site officiel de l’Open du Mexique et auprès des revendeurs locaux. Les places en tribune centrale partent rapidement pour les quarts de finale et au-delà — il vaut mieux anticiper si vous séjournez à Acapulco pendant la semaine du tournoi.
À savoir avant d’y aller
Période idéale : fin février à Acapulco, c’est la saison sèche. La chaleur est intense (autour de 30°C), l’humidité présente mais supportable. Prévoyez de la crème solaire, un chapeau et de l’eau en quantité.
Hébergement : le Fairmont Acapulco Princess accueille le tournoi mais est l’un des hôtels les plus chers de la ville. Des options plus accessibles existent dans les quartiers de La Costera et Diamante. Réservez tôt — la semaine du tournoi affiche régulièrement complet dans les hôtels proches du site.
Sécurité : Acapulco est une ville contrastée. Certains quartiers touristiques restent très fréquentés et sécurisés, notamment la zone Diamante où se trouve le Princess. Informez-vous sur les conditions locales au moment de votre séjour et restez dans les zones recommandées aux visiteurs.
Budget billetterie : les passes journée sont accessibles, les billets en tribune centrale pour les demi-finales et finales sont significativement plus chers. Prévoyez entre 500 et 1 500 pesos selon la session et le niveau de placement.
À combiner : si vous êtes à Acapulco pour le tournoi, ne manquez pas les clavadistas de La Quebrada — les plongeurs qui s’élancent du haut de falaises abruptes face au Pacifique. Un spectacle qui n’a rien à voir avec le tennis, mais qui résume bien ce que cette ville a de singulier.
L’Open du Mexique dure une semaine. C’est suffisant pour croiser des champions du monde, manger d’excellents tacos de pescado face à l’océan, et comprendre pourquoi certains joueurs disent qu’Acapulco est l’un de leurs tournois préférés — non pas pour le prize money, mais pour l’atmosphère. Ce genre de chose ne s’explique pas vraiment. Ça se vit.




