Top 30 plus grands tueurs en série du monde

Il existe des noms que l’histoire criminelle n’efface jamais. Des noms associés à des dossiers épais, des familles brisées, des enquêtes qui ont duré des décennies. Qu’ils aient sévi dans les suburbs américains des années 1970, dans les steppe russes ou sous les tropiques d’Amérique du Sud, les tueurs en série les plus meurtriers de l’histoire partagent une caractéristique commune : ils ont mis à nu les failles des sociétés dans lesquelles ils évoluaient.

Ce n’est pas un palmarès macabre que cet article cherche à dresser. C’est une tentative de comprendre — qui étaient ces individus, dans quel contexte ils ont agi, et pourquoi leurs affaires continuent de hanter les mémoires collectives. Comprendre ne signifie pas excuser. Mais ignorer serait encore plus dangereux.

Pour ceux qui s’interrogent sur la géographie de ces crimes, savoir quel pays recense le plus de tueurs en série éclaire les disparités statistiques et culturelles qui façonnent ces phénomènes criminels.

Les tueurs en série américains : quand le rêve américain vire au cauchemar

Les États-Unis concentrent, à eux seuls, une proportion disproportionnée des cas documentés. Plusieurs facteurs explicatifs avancés par les criminologues : mobilité géographique extrême, inégalités sociales, accès aux armes, médiatisation intensive des affaires criminelles. Voici les profils qui ont le plus marqué l’histoire criminelle américaine.

Jeffrey Dahmer — Le Cannibale de Milwaukee

Entre 1978 et 1991, Jeffrey Dahmer a assassiné 17 hommes et garçons à Milwaukee, Wisconsin. Ses crimes allaient du meurtre au démembrement, en passant par des actes nécrophiles et du cannibalisme. Ce qui frappe rétrospectivement, c’est la banalité de sa façade : voisin discret, employé de fabrique de chocolat, souriant sur les photos.

Dahmer a été arrêté en 1991 après qu’une de ses victimes a réussi à fuir son appartement et à alerter la police. Condamné à 15 peines de réclusion à perpétuité, il a été tué par un codétenu en 1994. En 2022, la série Netflix qui lui a été consacrée a ravivé le débat sur l’éthique de la fiction true crime et la place des victimes dans ces narrations.

John Wayne Gacy — Le Clown qui tuait

John Wayne Gacy a assassiné au moins 33 jeunes hommes et garçons en Illinois, entre 1972 et 1978. Entrepreneur respecté, animateur de fêtes d’enfants déguisé en clown, il avait enterré la majorité de ses victimes sous les fondations de sa maison. Condamné à mort en 1980, il a été exécuté par injection létale en 1994.

Son affaire a durablement modifié les procédures policières américaines concernant les personnes disparues, notamment pour les jeunes hommes — une catégorie longtemps sous-traitée par les autorités.

Ted Bundy — Le charme comme arme

Ted Bundy reste l’un des cas les plus étudiés de criminologie moderne. Séduisant, instruit, capable de se fondre dans n’importe quel milieu social, il a assassiné des dizaines de jeunes femmes à travers plusieurs États américains dans les années 1970. Le nombre exact de ses victimes n’a jamais été établi avec certitude — Bundy lui-même donnait des chiffres variables selon les interrogatoires.

Arrêté en 1978, il s’est représenté lui-même lors d’une partie de son procès — une stratégie qui lui a valu une couverture médiatique sans précédent. Exécuté en 1989, son affaire a aussi contribué à l’essor des analyses ADN dans les procédures judiciaires américaines.

Le Tueur du Zodiaque — L’affaire jamais résolue

Dans la région de San Francisco, entre 1968 et 1969, un tueur inconnu a revendiqué plusieurs meurtres en envoyant des lettres cryptées aux journaux locaux. Il se surnommait lui-même le « Zodiaque ». Ses victimes identifiées sont au nombre de cinq, bien qu’il ait prétendu en avoir commis davantage.

Le 20 décembre 1968, il abat deux adolescents près de Vallejo. Le 4 juillet 1969, il tire sur Darlene Ferrin et Michael Mageau dans un parc — Mageau survit. Le 27 septembre 1969, il poignarde Bryan Hartnell et Cecelia Shepard au lac Berryessa ; Shepard succombe, Hartnell survit. Le 11 octobre 1969, il abat le chauffeur de taxi Paul Stine à San Francisco, laissant pour la première fois des preuves matérielles sur la scène de crime.

Son identité n’a jamais été officiellement établie. L’affaire reste l’une des plus célèbres enquêtes non résolues de l’histoire américaine.

L’Étrangleur de Boston — La panique d’une ville

Entre 1962 et 1964, au moins treize femmes ont été assassinées à Boston, principalement étranglées dans leur propre appartement. La ville a vécu dans un état de terreur diffuse, les femmes seules modifiant radicalement leurs habitudes quotidiennes. L’affaire n’a jamais été officiellement résolue, malgré la confession partielle d’un suspect, Albert DeSalvo, dont la culpabilité reste débattue.

Richard Ramirez — Le Night Stalker

Richard Ramirez a terrorisé Los Angeles entre 1984 et 1985. S’introduisant dans les maisons la nuit, il a commis 13 meurtres, de nombreuses agressions sexuelles et des cambriolages. Adepte de symbolisme satanique, il transformait ses procès en spectacle. Condamné à mort en 1989, il est mort de causes naturelles dans le couloir de la mort en 2013.

Gary Ridgway — Le Tueur de la rivière verte

Gary Ridgway est l’un des tueurs en série les plus meurtriers de l’histoire américaine. Il a avoué 49 meurtres — essentiellement des femmes en situation de vulnérabilité dans la région de Seattle — entre le début des années 1980 et 1998. Les corps de ses victimes étaient abandonnés dans des zones boisées ; certaines n’ont jamais été identifiées.

Arrêté en 2001 grâce aux progrès de l’analyse ADN, il a plaidé coupable en 2004 en échange de l’abandon de la peine capitale. Il purge actuellement une peine de réclusion à perpétuité à Walla Walla, Washington.

Dennis Rader — BTK

Dennis Rader a tué dix personnes dans le Kansas entre 1974 et 1991. Son surnom, BTK, était de son propre fait : il signifiait « Bind, Torture, Kill » — lier, torturer, tuer. Pendant des décennies, il a envoyé des lettres aux médias et à la police, décrivant ses actes avec un soin glaçant. Ce qui rend son affaire particulièrement troublante : il menait une vie en apparence parfaitement ordinaire, marié, père de famille, président d’une congrégation religieuse locale. Arrêté en 2005, il est condamné à dix peines de prison à vie consécutives.

Aileen Wuornos — Portrait d’une violence structurelle

Aileen Wuornos a tué sept hommes en Floride entre 1989 et 1990. Elle affirmait avoir agi en état de légitime défense face à des tentatives de viol. Son profil — femme, travailleuse du sexe, victime de violences depuis l’enfance — a alimenté des débats durables sur la manière dont la justice américaine traite différemment les accusés selon leur genre et leur milieu social. Exécutée en 2002, son histoire a inspiré le film Monster (2003).

Edmund Kemper — Le Géant de Santa Cruz

Edmund Kemper mesure plus de deux mètres. Entre 1972 et 1973, il a tué dix personnes en Californie, dont sa propre mère. D’une intelligence hors norme, il a par la suite collaboré avec le FBI pour aider à construire les premières grilles de profilage criminel — une ironie de l’histoire qui nourrit encore aujourd’hui les recherches en criminologie comportementale. Il est toujours en vie, incarcéré.

David Berkowitz — Fils de Sam

New York, été 1976-1977. David Berkowitz a semé la terreur dans la ville en tirant sur des couples dans leurs voitures. Six morts, de nombreux blessés. Ses lettres à la presse, signées « Fils de Sam », ont alimenté une hystérie médiatique sans précédent. Condamné à 25 peines de perpétuité, il est toujours incarcéré dans l’État de New York.

Theodore Kaczynski — L’Unabomber

Theodore Kaczynski n’est pas un tueur en série au sens criminologique classique du terme. Mathématicien brillant reconverti en ermite dans les forêts du Montana, il a envoyé 16 engins explosifs à des cibles universitaires et industrielles entre 1978 et 1995, tuant trois personnes et en blessant vingt-trois. Son manifeste anti-technologique, publié sous la pression en 1995, a conduit sa propre famille à le reconnaître et à alerter le FBI. Arrêté en 1996, condamné à la prison à vie, il est décédé en 2023.

Charles Cullen — L’Ange de la mort

Infirmier pendant dix-sept ans dans plusieurs hôpitaux du New Jersey et de Pennsylvanie, Charles Cullen a administré des doses létales à des patients hospitalisés. On estime le nombre de ses victimes entre 40 et 400 — l’incertitude elle-même dit quelque chose des failles du système hospitalier américain. Arrêté en 2003, condamné à onze peines de réclusion à perpétuité.

Albert Fish — La terreur de l’entre-deux-guerres

Albert Fish sévissait dans les années 1920 et 1930, une époque où le concept même de tueur en série n’existait pas dans le lexique policier américain. Ses crimes — enlèvements, mutilations, meurtres d’enfants — ont horrifié une Amérique déjà fragilisée par la Grande Dépression. Arrêté en 1934, exécuté sur la chaise électrique en 1936.

Robert Hansen — Le chasseur de l’Alaska

Robert Hansen avait développé une ritualisation macabre de ses crimes : il relâchait ses victimes dans la nature sauvage de l’Alaska avant de les traquer comme du gibier. Il a tué au moins dix-sept femmes entre 1971 et 1983. Condamné en 1984 à 463 ans d’emprisonnement, il est décédé en détention en 2014.

Gary Ridgway bis — et les autres cas moins médiatisés

Parmi les profils moins connus du grand public : William Bonin, surnommé le « Tueur des autoroutes », responsable d’au moins vingt et un meurtres dans le sud de la Californie entre 1979 et 1980, exécuté en 1996. Joseph Duncan III, condamné pour plusieurs meurtres sur des familles entières entre 1997 et 2005. John Joubert, auteur de meurtres d’enfants au Nebraska en 1983-1984, exécuté en 1996. Paul John Knowles, accusé d’au moins dix-huit meurtres en 1974, tué lors de son arrestation en 1975. Michael Bruce Ross, exécuté en 2005 pour huit meurtres dans le Connecticut. Joseph Kallinger et son fils, une série de crimes à Philadelphie. Maury Travis, dont les crimes à Saint-Louis entre 2001 et 2002 restent en partie documentés grâce aux cassettes vidéo qu’il conservait lui-même.

Les tueurs en série hors des États-Unis : une réalité mondiale

Si la culture populaire anglo-saxonne a largement façonné notre représentation du tueur en série, le phénomène ne connaît pas de frontières. Voici quelques-uns des cas les plus documentés à l’échelle internationale.

Harold Shipman — Le médecin de la mort (Royaume-Uni)

Harold Shipman est considéré comme le tueur en série le plus meurtrier de l’histoire britannique, et l’un des plus meurtriers au monde. Médecin généraliste respecté dans le nord de l’Angleterre, il a assassiné au moins 215 de ses patients — principalement des femmes âgées — en leur injectant des doses létales de morphine. L’enquête officielle, menée après sa condamnation en 2000, a conclu que le nombre réel de victimes pourrait dépasser 250. Shipman s’est suicidé en prison en 2004.

Andrei Chikatilo — Le Boucher de Rostov (URSS/Russie)

Andrei Chikatilo a commis au moins 52 meurtres en Union soviétique entre 1978 et 1990. Ses victimes étaient principalement des enfants et des jeunes femmes, rencontrés dans des gares ou des arrêts de bus. L’affaire a mis douze ans à être résolue — en partie parce que le système judiciaire soviétique refusait d’admettre qu’un tel phénomène pouvait exister dans une société communiste. Condamné à mort en 1994, exécuté la même année.

Alexander Pichushkin — Le Tueur du parc (Russie)

Alexander Pichushkin a commis la majorité de ses 49 meurtres reconnus dans le parc Bitsevski de Moscou, entre 2001 et 2006. Il attirait ses victimes — souvent des hommes âgés et isolés — sous prétexte de partager une bouteille de vodka. Arrêté en 2006, condamné à la prison à vie.

Charles Sobhraj — Le Serpent (Asie du Sud-Est)

Charles Sobhraj est un cas à part dans l’histoire criminelle internationale. Franco-vietnamien, polyglotte, séducteur hors pair, il ciblait les touristes occidentaux en Asie du Sud-Est dans les années 1970 — les droguant, les dépouillant, les tuant. On lui attribue au moins douze meurtres. Sa capacité à s’évader de prison et à manipuler son entourage lui a valu le surnom de « le Serpent ». Finalement condamné à perpétuité au Népal en 2003, libéré en 2022 à l’âge de 78 ans.

Pedro Lopez — La Bête des Andes (Colombie, Équateur, Pérou)

Pedro Lopez est l’un des tueurs en série les plus meurtriers de l’histoire documentée. Il a avoué plus de 300 meurtres de jeunes filles commis en Colombie, en Équateur et au Pérou entre 1969 et 1980. Arrêté en 1980 en Équateur, condamné à seize ans de prison — la peine maximale dans ce pays à l’époque. Libéré en 1998 pour bonne conduite. Sa localisation actuelle est inconnue.

Daniel Camargo Barbosa (Colombie)

Daniel Camargo Barbosa, surnommé le « Monstre de l’Est », est crédité de plus de 150 meurtres de jeunes filles en Colombie et en Équateur entre 1974 et 1986. Arrêté en 1986, condamné à la peine maximale. Il a été assassiné en prison en 1994 par le neveu d’une de ses victimes.

Henry Lee Lucas et Ottis Toole (États-Unis)

Henry Lee Lucas et son complice Ottis Toole représentent l’un des cas les plus controversés de l’histoire judiciaire américaine. Lucas a avoué des centaines de meurtres — certains manifestement faux, établis lors d’interrogatoires suspects. Les chiffres retenus par les experts oscillent entre quelques meurtres avérés et une poignée de dizaines. Toole est mort en prison en 1996. Lucas a vu sa peine de mort commuée en 1998 et est décédé en détention en 2001.

Tueurs en série français : une réalité souvent oubliée

La France n’est pas épargnée par ce phénomène, même si le terme « tueur en série » reste culturellement moins ancré dans la mémoire collective française qu’aux États-Unis. Parmi les affaires les plus marquantes de l’histoire judiciaire française :

  • Gilles de Rais — compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, accusé au XVe siècle du meurtre de dizaines d’enfants
  • Joseph Vacher — surnommé le « Jack l’Éventreur français », onze meurtres reconnus à la fin du XIXe siècle
  • Henri Désiré Landru — l’affaire « Barbe-Bleue », onze victimes dans les années 1910-1920
  • Marcel Petiot — médecin parisien ayant tué au moins vingt-sept personnes pendant l’Occupation
  • Jeanne Weber — surnommée « l’Ogresse de la Goutte-d’Or » au début du XXe siècle
  • Hélène Jegado — cuisinière bretonne du XIXe siècle, responsable d’une série d’empoisonnements
  • Guy Georges — sept meurtres à Paris dans les années 1990
  • Francis Heaulme — affaires toujours en cours d’examen judiciaire
  • Michel Fourniret — l’Ogre des Ardennes, au moins neuf victimes
  • Emile Louis — affaire des disparues de l’Yonne
  • Claude Lastennet — plusieurs meurtres en région parisienne dans les années 1980

Ce que ces affaires révèlent au-delà du sensationnel

Derrière chaque nom cité dans cet article se trouvent des victimes réelles, des familles dont la vie a été fracturée, et des enquêteurs qui ont parfois consacré des décennies à ces affaires. Comprendre comment ces individus ont pu agir aussi longtemps sans être arrêtés dit autant sur les failles institutionnelles — judiciaires, médicales, sociales — que sur la psychologie des auteurs eux-mêmes.

Plusieurs de ces affaires ont directement contribué à l’évolution des pratiques policières modernes : le profilage criminel, les bases de données ADN, les protocoles pour les personnes disparues, la formation des enquêteurs à la détection des comportements prédateurs. C’est peut-être la seule utilité que l’on puisse tirer de ces histoires : en apprendre assez pour éviter que d’autres restent dans l’ombre aussi longtemps.

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