Dormir sous une tente à quelques mètres de la mer des Caraïbes, se réveiller avec le chant des oiseaux dans la forêt de montagne ou planter ses sardines en plein cœur de la région viticole mexicaine : le camping au Mexique n’est pas une simple option low-cost. C’est souvent la meilleure façon de toucher le pays pour de vrai — loin des resorts climatisés, au contact des paysages, des habitants et du rythme local.
Le Mexique est vaste, topographiquement très varié, et ses options de camping reflètent cette diversité : côtes caraïbes sauvages, sierra madre brumeuse, désert de Basse-Californie, côte Pacifique battue par les vagues. Voici six adresses qui méritent vraiment le détour, du nord au sud du pays.
Kin Camping – Holbox, les pieds dans les eaux turquoise
Holbox n’est pas une île comme les autres. Pas de voitures, peu d’asphalte, des rues en sable, des flamants roses à l’horizon en saison — et une eau d’un vert amande qui n’appartient ni vraiment au golfe du Mexique ni vraiment à la Caraïbe. Le Kin Camping, situé près de Punta Coco, s’inscrit parfaitement dans cet esprit insulaire décontracté.
L’endroit propose plusieurs formules, du camping classique au glamping pour ceux qui veulent le confort sans renoncer à l’ambiance. Le Wi-Fi fonctionne, l’équipe est attentive, et la plage est à deux pas. Pour tout savoir sur l’organisation d’un séjour sur l’île Holbox — activités, hébergements, comment y accéder —, on vous a préparé un guide complet.
À noter : Holbox est accessible uniquement en ferry depuis Chiquilá (environ 30 min). Les places de camping peuvent être limitées en haute saison (décembre-janvier et juillet-août). Réserver à l’avance est recommandé.
Tulum Nueve – Baie de Soliman, entre jungle et mer
La baie de Soliman est l’une de ces zones que les voyageurs pressés manquent systématiquement, faute de l’avoir cherchée. Coincée entre Tulum et Puerto Morelos, cette baie protégée offre des eaux calmes, très peu de monde, et une nature encore relativement préservée comparée à l’agitation du couloir touristique de la Riviera Maya.
Le camping Tulum Nueve s’y est installé avec un parti pris clair : profiter du lieu sans le dénaturer. Piscine, bar, jardin, Wi-Fi — les équipements de base sont là — mais c’est l’environnement immédiat qui fait la différence. Le matin, la baie est d’un calme rare. Idéal pour ceux qui veulent être proches de Tulum sans en subir la fréquentation croissante.
Chavez Eco Beach Camping – Tulum, entre cénotes et forêt Maya
Ici, le camping est pensé comme une immersion dans l’écosystème de la péninsule. Le Chavez Eco Beach Camping se trouve sur la plage de Tulum, à 8 km du site archéologique maya et à quelques minutes de la réserve de biosphère de Sian Ka’an — classée au patrimoine mondial de l’Unesco, pour rappel.
Les emplacements de camping côtoient des cabanes écologiques, toutes avec salle de bains privative. Les activités proposées sur place donnent une idée du terrain : plongée avec tuba dans les cénotes voisins, pêche, exploration de la mangrove. Un restaurant sur place assure les repas avec une cuisine mexicaine simple et honnête.
Une navette gratuite vers le centre de Tulum passe quatre fois par jour — pratique pour aller voir les ruines mayas en journée et revenir dormir face à la mer.
Cabañas Los Laureles – Huasca de Ocampo, le Mexique de l’intérieur
Loin de la côte, à deux heures de Mexico, Huasca de Ocampo est l’un de ces pueblos mágicos dont le Mexique a le secret : un village aux maisons colorées, entouré de gorges basaltiques spectaculaires, avec une rivière qui serpente en contrebas. Un Mexique radicalement différent de la Riviera Maya — et tout aussi réel.
Les Cabañas Los Laureles s’inscrivent dans ce paysage avec des hébergements simples mais fonctionnels, orientés sur la rivière. Cabines meublées sobrement, salles de bains privatives, jardin et terrasse pour prendre le café le matin dans la fraîcheur de l’altitude. La randonnée dans les environs est le principal attrait outdoor — les prismes basaltiques de Santa María Regla, à deux kilomètres, valent seuls le déplacement.
Infos pratiques : La propriété propose un service de navette depuis et vers l’aéroport local (30 min de route). Le Wi-Fi et le parking sont inclus.
Las Orquideas Cabins – Valle de Guadalupe, dormir au cœur du vignoble mexicain
On ne pense pas spontanément au Mexique quand on parle de vin. Et pourtant, la vallée de Guadalupe en Basse-Californie est devenue en quelques décennies l’une des régions viticoles les plus créatives du continent américain. Des chefs étoilés y ont ouvert des restaurants, des domaines bios y ont émergé, et une scène culinaire singulière s’y est développée — à mi-chemin entre Mexico et Los Angeles, dans un désert méditerranéen qui rappelle par moments la Toscane sèche.
Les Las Orquideas Cabins, situées dans Valle de Guadalupe à moins de 10 km du vignoble Adobe Guadalupe, offrent une base abordable pour explorer la région. Ce n’est pas du luxe, mais l’environnement — vignes à perte de vue, air sec, ciel souvent immaculé — compense largement. Une option pertinente pour les voyageurs qui veulent conjuguer plein air et gastronomie régionale.
Camping Buena Onda – Puerto Escondido, le souffle du Pacifique
Puerto Escondido n’est pas une station balnéaire policée. C’est une ville de surfeurs, de voyageurs indépendants et de Mexicains qui viennent chercher le Pacifique sans chichi. Les vagues de la Zicatela font partie des plus puissantes et des plus réputées d’Amérique centrale — un terrain de jeu sérieux pour les initiés, un spectacle impressionnant pour les autres.
Le camping Buena Onda s’est taillé une réputation solide dans ce contexte. Mentionné dans plusieurs émissions de voyage, il propose une formule complète adaptée aux séjours prolongés :
- Un magasin général approvisionné pour les besoins courants du campeur
- Une piscine et un jacuzzi pour décompresser après une journée au soleil
- Une laverie sur place — un détail qui change tout pour les longs séjours
- Un accès Wi-Fi fonctionnel
L’atmosphère est décontractée, multiculturelle, avec le genre de rencontres improvisées autour d’un feu qui restent longtemps en mémoire. Puerto Escondido mérite bien plus qu’un arrêt rapide.
À savoir avant de partir camper au Mexique
Choisir la bonne saison
Le Mexique n’a pas un seul climat — il en a une dizaine. La saison des pluies (juin à octobre) peut rendre certains campings difficiles d’accès, notamment en zone tropicale. Sur la côte Pacifique sud (Puerto Escondido), novembre à avril est la meilleure période. Dans le Yucatán (Holbox, Tulum), décembre-mars est idéal. Pour Basse-Californie et Valle de Guadalupe, le printemps et l’automne sont doux et très agréables.
Sécurité et bon sens
Le camping sauvage sans infrastructure n’est pas recommandé dans toutes les régions du Mexique. Les campings référencés de cet article sont des établissements encadrés, avec personnel présent. Il vaut mieux éviter de laisser des objets de valeur visibles dans les tentes, même dans des campings bien tenus — comme partout dans le monde.
Budget moyen
Les tarifs varient selon la formule : un emplacement tente basique tourne autour de 150 à 300 pesos par nuit (8 à 16 €). Une cabane écologique ou une option glamping peut monter à 600-1 200 pesos (30 à 65 €). Dans tous les cas, le rapport qualité-environnement est souvent nettement supérieur à celui d’un hôtel standard dans la même gamme de prix.
Équipement à prévoir
Répulsif anti-moustiques de qualité (indispensable en zone tropicale), crème solaire minérale, chaussures fermées pour les randonnées, sac de couchage léger même en zone chaude (les nuits en altitude ou en saison sèche peuvent surprendre), et une lampe frontale pour les sites qui n’éclairent pas les allées la nuit.
Camper au Mexique, c’est accepter d’être un peu plus vulnérable aux éléments — et en contrepartie, d’être un peu plus proche de ce que le pays a de plus vrai. Le bruit de la jungle au petit matin à Tulum, l’odeur de la terre humide à Huasca après une averse, le vent du Pacifique à Puerto Escondido : ces expériences-là ne se réservent pas sur une application. Elles s’arrivent.
