Les religions au Mexique

 
Le catholicisme est la religion dominante au Mexique, représentant, en 2010, environ 82,7 % de la population totale. Au cours des dernières décennies, le nombre de catholiques a diminué en raison de la croissance d’autres confessions chrétiennes, en particulier les Eglises protestantes et mormones qui représentent 8 % de la population, tandis que les religions non chrétiennes représentent 1,9 %. Les conversions à des croyances non catholiques ont connues un développement beaucoup plus lent qu’en Amérique centrale.

Le Mexique est un pays laïc qui, depuis le milieu du XVIIIe siècle, accorde la liberté de culte. Les confessions protestantes traditionnelles et la libre pratique du judaïsme ont été établies dans le pays depuis l’époque de la Réforme. Dans les temps modernes, une croissance du nombre de croyants a été observée dans l’Eglise évangélique, dans l’Eglise mormone et dans les pratiques des cultures indigènes comme le Mexicayotl. Le bouddhisme et l’Islam sont également entrés dans le pays par l’immigration et la conversion.

 

La religion et l’Etat

Le Mexique n’a pas de religion officielle, selon la Constitution de 1917 (c’est le deuxième pays à être devenu laïque en Amérique latine, après le Brésil), qui impose des limites à l’Église catholique du Mexique ainsi qu’à l’État pour interdire son ingérence dans les affaires religieuses. Le gouvernement n’apporte pas de contributions financières aux institutions religieuses et l’Église ne participe pas à l’éducation publique et n’a pas le pouvoir de la dispenser. Cependant, Noël est un jour férié national et chaque année à Pâques (appelée “Semana Santa”) toutes les écoles, publiques ou privées, partent en vacances.

En 1992, le Mexique a levé la plupart de ses restrictions religieuses, notamment en accordant un statut juridique à tous les groupes religieux, en accordant des droits de propriété limités et en autorisant un nombre limité de prêtres dans le pays. Jusqu’à il y encore peu de temps, les prêtres n’avaient pas le droit de vote et, comme tout chef religieux, ils ne pouvaient être élus à une charge publique.

 

Tensions entre les Catholiques et les Protestants

Dans certaines régions, la profession d’un credo autre que catholique est considérée comme une menace pour l’unité de la communauté. On soutient que la religion catholique fait partie de l’identité ethnique et que les protestants refusent de participer aux pratiques et coutumes traditionnelles (tequio ou travail communautaire, participation à des fêtes patronales et autres). Le refus des protestants est dû à leurs croyances religieuses interdisant la vénération des saints catholiques. Dans des cas extrêmes, des tensions entre catholiques et protestants ont conduit à l’expulsion ou même au meurtre de protestants dans plusieurs villages. Les cas les plus connus sont San Juan Chamula dans l’Etat de Chiapas et San Nicolás à Ixmiquilpan, dans l’Etat d’Hidalgo.

Un argument similaire a été avancé par un comité d’anthropologues pour demander au gouvernement de la République d’expulser l’Institut d’été de linguistique (ILV) en 1979. Celui-ci était accusé de promouvoir la division des peuples autochtones en traduisant la Bible en langues vernaculaires et en évangélisant dans un credo protestant, ce qui menaçait l’intégrité des cultures populaires. En conséquence, le gouvernement mexicain a répondu à l’appel des anthropologues et a annulé son accord avec le SIL. Des conflits ont également éclaté dans d’autres domaines de la vie sociale.