724 marches. C’est le chiffre qu’on retient d’El Aguacero — pas parce qu’il impressionne, mais parce que chacune d’elles vous rapproche d’un fond de canyon que peu de voyageurs connaissent. Ici, dans le Chiapas profond, la rivière coule chaude entre des parois qui montent si haut qu’elles semblent refermer le ciel sur vous.
El Aguacero n’est ni une attraction balisée pour groupes organisés, ni un secret jalousement gardé. C’est un site naturel d’accès simple, à quelques kilomètres d’Ocozocoautla, qui réserve une expérience rare : descendre dans les entrailles d’un canyon calcaire, entendre le bruit de l’eau avant de la voir, et remonter à la surface avec les jambes un peu lourdes et la tête plus légère.
El Aguacero : de quoi s’agit-il exactement ?
Le site d’El Aguacero est un canyon naturel creusé par la rivière Malpaso, dans l’État du Chiapas. Il combine un escalier de 724 marches taillé dans la roche, une rivière d’eau tiède qui serpente au fond du canyon, et une série de cascades qui tombent à travers la végétation tropicale dense.
Le Chiapas est l’un des États les plus riches du Mexique en biodiversité et en reliefs. Cette région, frontalière avec le Guatemala, concentre à la fois des forêts tropicales humides, des canyons, des zones mayas et des communautés indigènes encore très ancrées dans leurs traditions. El Aguacero illustre parfaitement cette nature chiapanèque — exubérante, un peu sauvage, accessible mais pas domestiquée.
Comment se rendre à El Aguacero depuis San Cristóbal de las Casas ?
La référence de départ pour la plupart des voyageurs dans la région est San Cristóbal de las Casas, ville coloniale d’altitude à environ 92 km à l’est d’Ocozocoautla. Depuis San Cristóbal, prenez l’autoroute 190D vers l’ouest en direction de Tuxtla Gutiérrez, puis continuez jusqu’à Ocozocoautla.
Les derniers kilomètres
Depuis Ocozocoautla, suivez les panneaux indiquant El Aguacero : environ 15 km jusqu’à l’embranchement, puis 3 km sur une piste en terre correctement entretenue. Un véhicule ordinaire suffit — pas besoin de 4×4, sauf en saison des pluies très intenses. La signalisation sur place est claire.
En transports en commun
Il est possible de rejoindre Ocozocoautla en bus collectif (combi) depuis Tuxtla Gutiérrez, la capitale de l’État. Depuis Ocozocoautla, des taxis ou des arrangements informels permettent d’atteindre le site — comptez négocier le prix aller-retour avec le chauffeur, ou vérifier les horaires de retour si vous y allez seul.
La descente dans le canyon : ce qui vous attend
Depuis le parking en hauteur, l’escalier s’enfonce dans la végétation. La descente dure entre 15 et 25 minutes selon votre rythme. Les marches sont irrégulières par endroits — des chaussures de marche ou des sandales fermées sont vivement recommandées, les tongs étant déconseillées.
La rivière et les cascades
En bas, la rivière Malpaso s’écoule entre les parois du canyon. L’eau est tiède — une caractéristique géologique rare qui rend la baignade agréable même en dehors des périodes les plus chaudes. Le niveau de l’eau varie selon la saison des pluies : entre juin et octobre, le débit peut être fort et certains passages moins accessibles.
Une fois en bas, marchez environ 200 mètres vers la gauche pour atteindre la principale cascade. Il est possible de continuer la randonnée en remontant ou descendant le cours de la rivière — le sentier se prolonge dans les deux directions pour ceux qui souhaitent explorer davantage.
L’atmosphère du canyon
Les parois calcaires s’élèvent de part et d’autre, recouvertes de fougères et de plantes tropicales. Des oiseaux nichent dans les anfractuosités — le Chiapas fait partie des zones les plus riches en avifaune du Mexique, et même un regard distrait peut apercevoir des espèces rares. Le fond du canyon filtre la lumière différemment selon l’heure : en fin de matinée, les rayons traversent la végétation en biais et éclairent les cascades d’une lumière oblique particulièrement saisissante.
Tarifs et camping
L’entrée du site est fixée à 30 pesos par personne. Un supplément de 50 pesos par groupe est demandé pour camper sur le site. L’espace de camping se situe en haut de l’escalier, sur une zone herbeuse et en terre battue. Dormir sur place en tente ou dans un véhicule est autorisé. Les animaux de compagnie sont acceptés sur le site.
À savoir avant d’y aller
Quand y aller ?
La saison sèche — d’octobre à mai environ — offre les meilleures conditions : rivière accessible, sentiers praticables, soleil. Entre juin et septembre, les pluies peuvent rendre la descente glissante et le niveau de l’eau imprévisible. La période la plus agréable reste novembre à février, avec une végétation encore verte et des conditions plus fraîches.
Arriver tôt
Le site est peu fréquenté, mais les week-ends et jours fériés mexicains voient affluer des familles locales depuis Tuxtla Gutiérrez. Arriver avant 9h permet de descendre dans un canyon encore silencieux, avec l’eau pour soi — une différence d’ambiance notable.
Équipement et précautions
- Chaussures fermées et antidérapantes obligatoires (les marches peuvent être mouillées)
- Prévoir de l’eau potable — aucune boutique en bas du canyon
- Crème solaire et anti-moustiques recommandés (végétation dense, humidité)
- Les enfants peuvent descendre, mais la remontée de 724 marches demande un minimum de condition physique
- Emportez vos déchets — le site est entretenu par la communauté locale, aucun service de collecte en bas
Budget réel pour la journée
Entrée : 30 pesos. Parking : gratuit ou modique selon les périodes. Prévoir de quoi pique-niquer sur place — la zone en haut du canyon se prête bien à une pause repas. Comptez le carburant ou le transport depuis Ocozocoautla selon votre mode de déplacement.
El Aguacero ne cherche pas à séduire. Le canyon est là, la rivière coule, les marches descendent. Ce que vous en ferez dépend du temps que vous lui accordez — une heure rapide pour voir la cascade, ou une demi-journée à longer la rivière, à écouter le Chiapas respirer au fond de ses propres entrailles. Ce type de lieu, sans boutiques de souvenirs ni sonorisation, se fait de plus en plus rare. C’est peut-être sa vraie valeur.


